Activités

Compte rendu du forum sur la gouvernance de l’Internet tenu le samedi 22 juin 2013

A la suite du discours d’ouverture, le parrain a été invité à suivre un film documentaire de 15 mns sur les activistes du web réalisé par Yam Pukri. Le parrain s’est dit impressionné par le film et à féliciter les réalisateurs. La cérémonie d’ouverture a pris fin aux environs de 09h avec les interviews à la presse accordés par le parrain.

Après cette petite pause, les travaux ont repris avec une présentation de Inoussa TRAORE sur la genèse du processus FGI au Burkina Faso. Dans cette présentation M. TRAORE a fait l’historique et le point sur les différentes activités réalisées depuis 2009 allant des discussions en ligne au premier forum en passant par le sondage réalisé en 2010. Il a aussi présenté la synthèse des trois principaux thèmes qui ont fait l’objet de débats en ligne au cours des mois qui ont précédé le présent forum ; il s’agit des points ci-après :

  • La baisse de la qualité des télécommunications
  • Pourquoi les cybercafés sont devenus infréquentables ?
  • La problématique des communications électroniques en temps de crise

Cette présentation a été suivie de la celle de M. Aristide Zoungrana de l’ARCEP sur l’expérience de l’ARCEP en matière de gouvernance des communications électroniques au Burkina Faso. Cette communication a suscité beaucoup de questions et de débats. Les questions tournaient essentiellement autour de la mauvaise qualité des télécommunications, de la faiblesse des sanctions infligées par l’ARCEP aux opérateurs, de l’impossibilité de communiquer en temps de bonus, des coûts des communications etc. Cette série de questions-réponses a pris fin avec la pause-café.

Après la pause, un panel constitué de Sylvestre Ouédraogo, Président de l’Association Yam Pukri, Mme Ouattara Hadja du Centre d’analyse et de politiques économiques, M. Dalla Charles de la coalition des organisations de la société civile pour le développement durable et équitable, sous la modération de Inoussa TRAORE membre de Yam Pukri s’est tenu. Ce panel avait pour rôle de discuter sur le thème général du forum à savoir : Gouvernance de l’Internet au service de la paix : une responsabilité partagée des parties prenantes, rôle des OSC. Avant le début des débats, Mme Ouattara a fait une présentation introductive sur la notion même de Gouvernance de l’Internet. Après cette présentation, le modérateur va poser la première question à M. Ouédraogo en l’invitant à donner son point de vue sur le rôle des organisations de la société civile en matière de gouvernance de l’Internet au service de la paix. Pour répondre à cette question, M. Ouédraogo va partir de l’exemple du réseau Burkina-ntic et de ses listes de discussions pour montrer que c’est une question qui intéresse les OSC. Selon M. Ouédraogo, les moyens d’action généralement utilisés par les OSC sont les sites web, les blogs et de plus en plus les réseaux sociaux. Selon lui, le plus important n’est pas forcément l’outil utilisé mais c’est plutôt le contenu des publications qui doivent être des informations fiables et rigoureuses. Les OSC doivent jouer un rôle d’action et d’activisme pour donner l’information juste.

Quant à M. Dalla, en partant de l’exemple de la recrudescence des conflits fonciers dans certaines régions du Burkina Faso et du risque potentiel dans d’autres régions, il montre que les OSC peuvent jouer un rôle important à travers la sensibilisation, le plaidoyer et le lobbying et cela peut se faire à travers des blogs ou sur les réseaux sociaux. Enfin Mme Ouattara, quant à elle, a insisté sur le fait qu’Internet doit être géré par un groupe équilibré et que les Etats ne doivent pas s’approprier le net en temps de crise pour le censurer. Elle invite la société civile à plus d’implications aux débats sur toutes ces questions relatives à la gouvernance de l’Internet que ce soit au niveau national ou international, physiquement ou virtuellement.

A la suite des panélistes, le modérateur a donné la parole à l’assistance pour des témoignages, questions ou compléments. Cette séance fut également très riche en contributions qui ont porté sur l’ambivalence des réseaux sociaux (car pouvant être utilisé pour promouvoir la paix ou pour déstabiliser), les rumeurs relayées sur les réseaux sociaux, le rôle positif que peut jouer l’Internet et les médias au profit de la paix etc.

A la suite de ces échanges, les débats se sont poursuivis sur les perspectives et les recommandations du forum national sur la gouvernance de l’Internet au Burkina Faso, édition de 2013.

Recommandations :

  • Créer un vrai groupe de réflexion au niveau national incluant tous les OSC intéressés par la question La constitution de groupe de travail au niveau national est un préalable important. Ce groupe servira de Think thank national pour accompagner l’Etat, les institutions spécialisées et le privé à opter pour des choix judicieux. Le petit noyau déjà constitué doit donc grandir.
  • Mettre en place un observatoire des TIC au niveau national afin d’avoir des informations bien claires pour entreprendre du plaidoyer et des actions plus ajustées. Le travail sur la qualité des services des télécommunications entre dans ce cadre.
  • La société civile doit travailler inlassablement à informer et à sensibiliser les populations sur les avantages et les risques liés aux TIC.
  • Accompagner les institutions spécialisées à cet effet, parce que travaillant à la base avec les communautés.
  • Continuer les débats sur les listes
  • Créer un évènement national plus grand sur la journée FGI en incluant d’autres activités (stands, démonstrations de logiciels, de matériels TIC…)
  • Médiatiser les actions du groupe